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Madeleine Faure - Faites que le rêve dévore votre vie...

Madeleine Faure
14.08.22 10:53

Madeleine Faure

Madeleine Faure
Catastrophe et insouciance


Madeleine Faure


Informations sur Madeleine Adélaïde Faure
FEMME • 1m72 • 54kg • Ecrivaine
Peur de perdre l'inspiration • L'Envie
26 mai 1976 (xx78), Lyon
No Man's Land, Immeuble 7, Appartement 202

Madeleine cauchemardait. Les membres trop minces de son corps d’arachne blafarde, résultat de trop de repas sautés ou expédiés, se débattaient avec les draps. Un hurlement la tira du sommeil, le front couvert d’une sueur glacée qui dessinait aussi la ligne osseuse de sa colonne vertébrale sous son débardeur. Elle se leva, fit quelques pas pour atteindre la salle de bains et s’observa d’un regard sans chaleur dans le miroir. Visage anguleux, aux pommettes saillantes et à la mâchoire pointue, encadré de mèches emmêlés d’un roux clair et terne, tirant sur le blond vénitien. Sa peau exsangue était à peine piquetée de tâches de rousseur, et ses lèvres sèches étaient presque aussi pâles que le reste. Seule touche de couleur au tableau, un regard bleu iceberg, souligné de cernes violacées. Yeux de glace remplis d’effroi et d’épuisement. Pourtant, elle n’avait pas toujours ressemblé à cela. Les songes terrifiants qui dévoraient son sommeil rongeaient également sa personnalité nuit après nuit. Où était passée la jeune femme optimiste, curieuse, passionnée, ambitieuse, qu’elle était près de dix ans auparavant ? Cette amie généreuse, toujours à l’écoute, d’un soutien sans faille et prodigue de conseils ? Cette amante épanouie, libérée, papillonnant sans attache entre les bras d’autres femmes ? Cette artiste qui… Ne restaient plus que ses défauts, sa susceptibilité, son égocentrisme, sa mélancolie, le mensonge qu’était devenu sa vie derrière le masque de l’anti-cernes et du sourire factice, et puis… Et puis l’écriture. L’insatiable fleuve d’encre qu’elle déroulait nuit et jour sur ses pages, la créativité qui ne l’avait jamais quittée, qui ne cessait de grandir et de prendre de plus en plus de place. Les cauchemars qui nourrissaient sa plume au point d’en devenir une drogue. Elle se détourna de la surface d’argent et marcha jusqu’au bureau. Elle s’assit, prit un stylo, le fit tourner entre ses doigts un instant. Puis la pointe se posa sur le papier et commença à y glisser frénétiquement. Il fallait qu’elle retranscrive tout avant que cela ne s’atténue, ne s’embrume… Ensuite elle se servirait un verre, le boirait machinalement et se replongerait dans le sommeil pour retourner à ses épouvantes oniriques, parce qu’il lui en fallait plus, toujours plus, pour continuer d’écrire, encore, toujours, après tout, elle n’avait plus que ça, elle n’existait plus que par ça…




J'ai plongé dans la prunelle dilatée d'un trou noir pour fuir la lumière déchirante des astres et, au-delà, je n'ai vu que la mort.


S’il fallait regarder en arrière… Madeleine devait avouer que tout avait bien commencé. Comme s’il fallait partir de très haut pour que la chute n’en soit que plus brutale.

Elle avait vécu une enfance tranquille dans un bel appartement des pentes de la Croix-Rousse, à Lyon, auprès de parents aimants pour qui la culture était une valeur essentielle. Elle avait grandi entourée de livres, de tableaux, dans les fauteuils des théâtres, des opéras, des cinémas... Un cadre banal, mais joyeusement coloré.

Oh, bien sûr, sa grand-mère maternelle, à qui elle devait son deuxième prénom, était un peu la tache d’encre noire sur le buvard, l’ombre au tableau, la présence singulière dans la foule. Son immense maison, où Madeleine passait certaines de ses vacances, était pleine d’objets anciens et effrayants qu’elle collectionnait. Un chaos pesant régnait sur la demeure. La pièce qui terrifiait le plus l’enfant était un salon où tout l’espace, chaque divan, chaque commode, chaque secrétaire, jusqu’à la tablette de la cheminée, était occupé par des poupées de porcelaines au regard vide et aux vêtements surannés. Mais la peur n’avait jamais vraiment repoussé Madeleine. Elle entrouvrait la porte en frissonnant, les yeux mi-clos, pour fixer les pâles silhouettes dans la pénombre, fascinée. Elle parcourait la maison de la cave au grenier pour en découvrir tous les secrets, mais son plus grand plaisir était le rituel de l’heure du thé : Grand-Mère Adélaïde s’installait alors dans son grand fauteuil voltaire au milieu du salon vert, celui où elle accumulait les horloges de tous styles et de toutes époques, Madeleine se blottissait à ses pieds, et elle l’écoutait raconter. Pourtant, pas un de ces contes tirés du passé de sa grand-mère ne lui revenait précisément en mémoire. Tout ce qu’elle pouvait affirmer, c’était que les rêves avaient commencé à cette époque, et que son inconscient lui renvoyait alors les images vides et silencieuses de rues grises de neige et de cendres. Parfois, un cauchemar peuplait ces lieux morts d’entités menaçantes, mais rien de plus.

Plus elle grandissait, moins Madeleine rendait visite à sa grand-mère, influencée par ses parents qui trouvait l’impact sur leur fille trop négatif. L’enfant devenait vraisemblablement rêveuse et déconcentrée alors qu’on attendait d’elle qu’elle soit une élève brillante, focalisée sur ses objectifs. Ce n’étaient pas de vieilles histoires sur un étrange village alsacien qui allaient l’aider… Mad, comme ses amies la surnommaient, avait définitivement coupé les ponts avec Adélaïde lorsqu’elle avait quitté le lycée pour entamer des études littéraires. Elle avait obtenu son master à 23 ans et était devenue dans la foulée co-gérante d’un café librairie dans sa ville natale, qu’elle n’avait donc jamais quittée, avec une copine de promo, Pauline.

La vie avait été intense, passionnée, pour Madeleine. Investie et épanouie dans son travail, elle avait également profité de la vie nocturne de la ville pour multiplier les sorties entre amis et les conquêtes. Elle avait rayonné pendant près de trois ans, comme pour cacher derrière un bonheur étincelant que ses nuits se faisaient de plus en plus courtes et violentes. Il ne se passait plus une semaine sans que les décors brumeux de ses songes ne se déchirent pour y laisser pénétrer une créature terrifiante qui la poursuivait jusqu’à l’aube. La jeune femme avait compris que quelque chose n’allait pas, qu’elle aurait sans doute dû consulter un spécialiste à ce sujet, pour dénouer quelques fils, comprendre l’origine de ces cauchemars, mais un sentiment paradoxal la retenait. Quelque chose qui la reliait encore à sa grand-mère, et cette fascination pour l’épouvante qui lui rappelait son enfance.

Trois ans. Car l’année de ses 26 ans, le cours de sa vie avait profondément changé. Grand-Mère Adélaïde était partie dans son sommeil, et la femme de ménage qui l’avait retrouvée avait raconté à tout le voisinage que son visage figé portait une expression de terreur si intense que le salon funéraire ne pourrait jamais arranger ça. Madeleine n’avait pas su s’ils en avaient été capables, elle avait refusé de voir le corps. Cela n’avait pas empêché la silhouette tordue et mutilée de la vieille femme de venir la hanter au cœur de ses nuits. Les cauchemars s’étaient intensifiés, ils s’étaient faits plus fréquents. A l’image des ruelles et des monstres s’était ajouté un nom : Phantasmagoria. Et la santé mentale de la jeune femme avait commencé à se dégrader.

Pourtant, paradoxalement, elle avait tenté de transformer cette gangrène nocturne en quelque chose de positif, et ce qu’elle avait toujours envié aux auteurs dont elle vendait les œuvres lui était devenu accessible : la créativité. L’inspiration. En se basant sur les créatures et les lieux qui habitaient ses nuits, elle avait écrit un recueil de nouvelles fantastiques aux accents horrifiques. Puis elle avait usé de ses relations privilégiées auprès des éditeurs pour faire publier son ouvrage. Il avait eu un succès relatif, mais bien réel. La machine s’était alors emballée.

Les rêves de Madeleine étaient devenus son obsession. La terreur la tenait éveillée le soir mais elle assommait d’alcool le peu de raison qu’il lui restait pour se plonger dans les méandres de ses hantises oniriques. Un premier roman de dark fantasy avait suivi de peu le recueil, qui avait bénéficié de l’intérêt renouvelé du public pour des auteurs comme H.P. Lovecraft et avait bien marché.

Sa vie tournait autour de cycle infernal : dormir pour rêver, se réveiller pour écrire. Quelques années plus tard, elle s’était brouillée avec Pauline, parce qu’elle n’avait plus de co-gérante que le titre. Peu lui importait : elle avait publié la suite de son roman dans la foulée. Plus rien ne comptait d’autre que son œuvre littéraire. Elle avait perdu le contact avec son cercle d’amis, pour lesquels le surnom “Mad” n’était plus prononcé de manière affectueuse mais avec une connotation désagréablement littérale. Les relations avec ses parents s’étaient tendues, de toute façon elle ne voyait plus personne. Sa vie se résumait à un autre recueil, un troisième roman, toujours plus d’alcool et de réveils glacés de sueur, le cœur prêt à exploser.

L’année de ses 34 ans, sa santé était devenue réellement préoccupante. Madeleine ne s’alimentait plus correctement, elle avait terriblement maigri, elle buvait trop, dormait trop, écrivait trop. Ses examens cardiaques commençaient à devenir inquiétants. Elle avait été internée en hôpital psychiatrique et elle avait fini par accepter de prendre le traitement qu’on lui prescrivait.

Son état s’était évidemment amélioré, puisque les rêves avaient disparu. Et son inspiration avec eux. Elle avait tenté d’écrire à nouveau, mais rien ne lui venait. Combien de fois s’était-elle assise devant son bureau, son ordinateur, devant une feuille, avec un stylo, un crayon, un feutre, rien ne fonctionnait. Pas une page, pas une ligne, pas un mot. Rien. Elle avait eu peur. Peur de l’avenir, peur d’affronter le fait qu’elle avait ruiné sa vie, qu’il ne lui restait plus que ses mains d’autrice, et qu’elle était en train de les perdre elles aussi.

Et puis elle avait lu cet excellent thriller d’un écrivain qu’elle suivait depuis ses débuts, et qu’elle admirait. Qu’elle enviait. Cette lecture lui avait hurlé de faire quelque chose. Se replonger dans ses rêves était trop dangereux. Elle avait décidé de faire des recherches sur les thèmes qu’elle abordait dans son œuvre pour tenter de trouver une autre source d’inspiration.

Une lueur d’espoir s’était dessinée quand elle avait découvert que ce nom, Phantasmagoria, qu’elle entendait en rêve, était celui d’un village qui existait réellement. Un village d’Alsace… Bien sûr, c’était ce que racontait Grand-Mère Adélaïde…

Voilà pourquoi elle en était là. Voilà pourquoi elle faisait ses valises, voilà pourquoi son train partait demain. Parce qu’elle avait le pressentiment que, là-bas, au cœur des lieux embrumés qui avaient imprimé ses cauchemars, elle trouverait le matériau d’un roman qui serait sans aucun doute son chef-d'œuvre.




( :   IMG : BGIMG Madeleine Faure - Faites que le rêve dévore votre vie... A4t9
Ma fiche : Le début du cauchemar • : Mon inventaire : Dossier n°91 • : Mes chroniques : Attrape-Rêves ) :   ( : Je m'appelle : Madeleine Adélaïde Faure à : Lyon et j'ai : 34 ans. : Je réside : No Man's Land, Immeuble 7, n°202
Je suis : Arrivante.
Au cours de mes aventures, : j'ai cumulé un total de : 2144 points. : J'ai à mon compteur : 2 P.d.S. Heureusement : , car je suis mort(e) : 0 fois. :

) :   ( :   TENDANCE :: : NEUTRE
➚ SURVIVOR :: :
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